le soleil rouge se lève enfin sur l’eau rare
les oiseaux se couchent il est déjà si tard
la lune rousse se rendort sur notre antre
une bougie éteint sa flamme pénétrante
les rideaux tombent sur tes yeux dénudés
la cheminée crépite d’odeurs exsudées
le voile se lève sur tes vœux exaucés
la fumée brouille mes yeux dépassés
le drap se déroule sur ton corps exposé
l’argile devant moi ne veut se reposer
mes mains partent à l’assaut de tes seins
le ciseau découpe l’ovale de tes reins
mes mains répondent à toutes mes attentes
dans ma tête l’âme modelée est patiente
tes liens sont désormais hors d’atteinte
mais la mémoire sur le mur est peinte
tes cheveux mouillés d’or se teintent
la glaise glisse entre mes doigts, serpente
mon cœur en désordre te décore de bleu
remettre de l’ordre sur ce corps de feu
tes reflets se mélangent sur mes mains
mon poignet poursuit sans fin son chemin
des frissons parcourent ma peau froissée
le pinceau fin contourne ta peau glacée
la sueur coule et emporte toutes mes peurs
les forces me manquent pour pétrir ton cœur
mon cri transperce la nuit du lit jusqu’au ciel
j’en appelle au divin pour que l’œuvre soit belle
le sang gronde et irrigue mes larges veines
je crois que je suis au bout de mes peines
les réjouissances se multiplient à l’infini
la nuit ne se prolongera pas c’est bien fini
les larmes soyeuses m’emporteront ailleurs
le réveil, la frayeur de l’impénitent sculpteur
comblé, vidé mais le corps plein de jouissance
qui avec sa création vient de faire connaissance
09 mai 2007
argile de mes mains
17 avril 2007
respirations
diurne indien
ma folie furieuse se targue d’exploits sans lendemain,
nargue ta folie trop douce et
nous prend par la main.
été sans fin
harpe brûlante au réveil,
le vent joue de tes rayons dorés :
une nuageuse mélodie, une symphonie asséchée.
mers intérieures
les séides de la mer furieuse exploitent les fragments de la lyre
entrelacs délicieux et avares,
lacis sous le joug desserré.
ma folie furieuse se targue d’exploits sans lendemain,
nargue ta folie trop douce et
nous prend par la main.
été sans fin
harpe brûlante au réveil,
le vent joue de tes rayons dorés :
une nuageuse mélodie, une symphonie asséchée.
mers intérieures
les séides de la mer furieuse exploitent les fragments de la lyre
entrelacs délicieux et avares,
lacis sous le joug desserré.
j'ai jeté l'encre en mer de Chine
J’ai jeté l’ancre en mer de Chine,
goûté l’opium à l’humeur assassine.
Indigne, j’ai levé mon verre à ta mère,
écourté tes prières et confessé tes crimes.
J’ai jeté l’ancre en mer de Chine,
séché mon sang d’hiver sur tes épines.
J’y ai pêché des perles bien trop claires,
pour confier ma peau à ton or éphémère
J’ai jeté l’ancre en mer de Chine,
posé mes doigts, pesé mes joies.
Au fond de cet abîme, j’ai posé une ligne :
plus tu m’habites, plus tu abîmes ma foi.
J’ai jeté l’ancre en mer de Chine,
déchiré l’émeraude que tu dessines.
J’ai recousu ce qu’on nous destine,
et surtout exploré bien d’autres mains.
J’ai jeté l’ancre en mer de Chine,
exposé l’air de tout ce qui te mine,
J’ai explosé ce qui te mène à rien,
l’air de rien, j’ai espéré d’autres mannes.
J’ai jeté l’ancre en mer de Chine,
calligraphié tous tes noms en douce
aux encres noires amères de Chine
sur les soies claires les plus douces.
J’ai jeté l’ancre en mer de Chine,
gravé tes noms sur mon échine,
des cerfs volants là-haut en minuscule,
des corps voilés d’encens au crépuscule.
J’ai jeté l’ancre en mer de Chine,
les fers rompus des corps reclus, perclus.
J’ai courbé l’échine dans des geôles de jade
sous ton sang acre et tes méfaits si fades.
J’ai jeté l’ancre en mer de Chine,
arraché une à une toutes tes épines,
j’y ai séché mes sécrétions badines
et digéré tes aigreurs sanguines.
J’ai jeté l’ancre en mer de Chine,
égaré tes odeurs si peu masculines.
J’y ai balancé mes pieux, mes souvenirs
de ces antiques nuits trempées, du désir.
J’ai jeté l’ancre en mer de Chine,
chiné entre tes maigres croyances
et mes créances bien moins infidèles.
Je me suis fait un sang d’encre.
J’ai jeté l’ancre en mer de Chine,
baigné mes ors, mes douces rimes.
J’ai trempé mon corps d’infirme
dans son encre bleue marine.
J’ai jeté l’ancre en mer de Chine,
brûlé les idoles que tu fascines,
brisé les idylles que tu me façonnes :
j’ai jeté l’encre, amère mais digne.
J’ai jeté l’ancre en mer de Chine,
hurlé les mots qui t’imaginent.
J’ai jeté l’encre en mer de Chine,
bercée par ses virgules salines.
J’ai jeté l’ancre en mer de Chine,
déversé mes humeurs anodines.
J’ai jeté l’encre amère de Chine :
plus rien à écrire, plus rien à dire.
J’ai jeté l’encre en mer de Chine…
Noire de vie : elle s’y est glissée, câline…
Verte de peur : elle s’y est glacée, féline…
Bleue de joie : elle s’y est grisée, divine…
Rouge de honte : elle s’y est ancrée, marine…
goûté l’opium à l’humeur assassine.
Indigne, j’ai levé mon verre à ta mère,
écourté tes prières et confessé tes crimes.
J’ai jeté l’ancre en mer de Chine,
séché mon sang d’hiver sur tes épines.
J’y ai pêché des perles bien trop claires,
pour confier ma peau à ton or éphémère
J’ai jeté l’ancre en mer de Chine,
posé mes doigts, pesé mes joies.
Au fond de cet abîme, j’ai posé une ligne :
plus tu m’habites, plus tu abîmes ma foi.
J’ai jeté l’ancre en mer de Chine,
déchiré l’émeraude que tu dessines.
J’ai recousu ce qu’on nous destine,
et surtout exploré bien d’autres mains.
J’ai jeté l’ancre en mer de Chine,
exposé l’air de tout ce qui te mine,
J’ai explosé ce qui te mène à rien,
l’air de rien, j’ai espéré d’autres mannes.
J’ai jeté l’ancre en mer de Chine,
calligraphié tous tes noms en douce
aux encres noires amères de Chine
sur les soies claires les plus douces.
J’ai jeté l’ancre en mer de Chine,
gravé tes noms sur mon échine,
des cerfs volants là-haut en minuscule,
des corps voilés d’encens au crépuscule.
J’ai jeté l’ancre en mer de Chine,
les fers rompus des corps reclus, perclus.
J’ai courbé l’échine dans des geôles de jade
sous ton sang acre et tes méfaits si fades.
J’ai jeté l’ancre en mer de Chine,
arraché une à une toutes tes épines,
j’y ai séché mes sécrétions badines
et digéré tes aigreurs sanguines.
J’ai jeté l’ancre en mer de Chine,
égaré tes odeurs si peu masculines.
J’y ai balancé mes pieux, mes souvenirs
de ces antiques nuits trempées, du désir.
J’ai jeté l’ancre en mer de Chine,
chiné entre tes maigres croyances
et mes créances bien moins infidèles.
Je me suis fait un sang d’encre.
J’ai jeté l’ancre en mer de Chine,
baigné mes ors, mes douces rimes.
J’ai trempé mon corps d’infirme
dans son encre bleue marine.
J’ai jeté l’ancre en mer de Chine,
brûlé les idoles que tu fascines,
brisé les idylles que tu me façonnes :
j’ai jeté l’encre, amère mais digne.
J’ai jeté l’ancre en mer de Chine,
hurlé les mots qui t’imaginent.
J’ai jeté l’encre en mer de Chine,
bercée par ses virgules salines.
J’ai jeté l’ancre en mer de Chine,
déversé mes humeurs anodines.
J’ai jeté l’encre amère de Chine :
plus rien à écrire, plus rien à dire.
J’ai jeté l’encre en mer de Chine…
Noire de vie : elle s’y est glissée, câline…
Verte de peur : elle s’y est glacée, féline…
Bleue de joie : elle s’y est grisée, divine…
Rouge de honte : elle s’y est ancrée, marine…
Plus de textes dans le recueil "La mue des chimères" disponible sur : http://www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/search/Default.aspx?source=BOOKS&cat=livres&auteur=DUFOUR,%20MATTHIEU
06 mars 2007
légère du temps qui passe
… l’aube se bouchait de nuages en grappes d’argent plaqué, mendiant quelques heures encore, quelques parures géantes et colorées, je remuais sous les à-coups, mais il était trop tard, la plaie, un cri déchirait le lit, émerger de cette boue de sang, la seule façon de tout arranger, tu me disais : « pourquoi pas ? », on ne pouvait plus, on n’avait jamais su…
… le temps difformait déjà ces souvenirs, respectueux de notre désir, il peignait les flammes en rose, en bleu, l’attente déformait tout sous l’avenir, te forçait à devenir la grande âme honnie, mon attitude figée t’affligeait, réfugié refusant d’agir, inventant une flemme morose, tu me disais : « je ne t’aime plus », on se taisait, on avait toujours su…
… la nuit vivait, la vie lavait l’ennui, les jours passaient, tu avais assez d’humour pour apaiser l’humeur des jours épais, quand je voulais éparpiller au vent dangereux les os brisés de ma mère morte, rebaptiser l’horizon à ton nom, repeindre l’or et la déraison à tes couleurs, tu me disais alors : « je le sais », on recommençait, on avait toujours pu…
… la mer brûlée s’évaporait, l’air de rien, enivrée d’un trop plein de lumière, restait le sel pour rougir au feu de l’hiver, au feu de ton regard, aux braises de ton fou rire, pas un seul corps dans le décor, pas un seul coup, tôt ou tard, parties, les plaies se rouvriraient, mais tu me disais encore : « je veux la vie », on s’embrassait, on l’avait toujours eu…
… le ciel brillait dans ton coin, inondé de soleil bleu, les nuages de mousse filaient en douce sur les foins, les étoiles de terre pleuraient l’air vicié, le vert de la mer nous ouvrait les corps, la voie du vertige, l’été glacé n’en finissait pas de nous lasser, tu laissais ma main dans tes pas, tu me disais : « je te crois », on s’enlaçait, on y avait toujours cru…
… les champs sont blonds, les champs sont gais, on fait le tri, on fait les fous, triompher sans loi ni foi, ce n’est pas nous, c’est pas du jeu, alors on refait les cris, on s’en fout, critiques et méfaits peuvent s’en faire puisqu’on est jeune, on s’aime, on l’écrit, ça me fait encore de l’effet, tu me dis : « je te suis », on s’efface, on volera toujours mieux…
… le temps difformait déjà ces souvenirs, respectueux de notre désir, il peignait les flammes en rose, en bleu, l’attente déformait tout sous l’avenir, te forçait à devenir la grande âme honnie, mon attitude figée t’affligeait, réfugié refusant d’agir, inventant une flemme morose, tu me disais : « je ne t’aime plus », on se taisait, on avait toujours su…
… la nuit vivait, la vie lavait l’ennui, les jours passaient, tu avais assez d’humour pour apaiser l’humeur des jours épais, quand je voulais éparpiller au vent dangereux les os brisés de ma mère morte, rebaptiser l’horizon à ton nom, repeindre l’or et la déraison à tes couleurs, tu me disais alors : « je le sais », on recommençait, on avait toujours pu…
… la mer brûlée s’évaporait, l’air de rien, enivrée d’un trop plein de lumière, restait le sel pour rougir au feu de l’hiver, au feu de ton regard, aux braises de ton fou rire, pas un seul corps dans le décor, pas un seul coup, tôt ou tard, parties, les plaies se rouvriraient, mais tu me disais encore : « je veux la vie », on s’embrassait, on l’avait toujours eu…
… le ciel brillait dans ton coin, inondé de soleil bleu, les nuages de mousse filaient en douce sur les foins, les étoiles de terre pleuraient l’air vicié, le vert de la mer nous ouvrait les corps, la voie du vertige, l’été glacé n’en finissait pas de nous lasser, tu laissais ma main dans tes pas, tu me disais : « je te crois », on s’enlaçait, on y avait toujours cru…
… les champs sont blonds, les champs sont gais, on fait le tri, on fait les fous, triompher sans loi ni foi, ce n’est pas nous, c’est pas du jeu, alors on refait les cris, on s’en fout, critiques et méfaits peuvent s’en faire puisqu’on est jeune, on s’aime, on l’écrit, ça me fait encore de l’effet, tu me dis : « je te suis », on s’efface, on volera toujours mieux…
Plus de textes dans le recueil "La mue des chimères" disponible sur :
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